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Si vous lisez ces lignes, c'est que vous avez déjà effectué le grand plongeon: vous vous êtes aventurés dans l'expérience humaine de cette fin de vingtième siècle local. ATTENTION: CONSCIENCE SOCIALE!
Dans les derniers numéros, j'ai évoqué différents facteurs indiquant que nous traversons une phase de transformation inouïe, caractérisée par une myriade de changements et d'adaptations nous préparant à émerger dans une réalité totalement nouvelle.
Pourtant, entre les flambées de haine ethniques et religieuses qui s'intensifient sur tout le globe, l'arrogance des politiciens, l'avarice sans limite des grandes multinationales et la démission grandissante des populations du nord comme du sud, on est en droit de se demander où se cache cette réalité nouvelle, cette ère de paix et de conscience éveillée annoncée pour tout bientôt par tous les grands enseignants spirituels de l'histoire et d'aujourd'hui.
Et si on était à côté de la plaque, idéalistes meurtris réfugiés dans un rêve impossible? Il faut regarder la réalité en face, voyons! Tu as sérieusement besoin d'un "reality-check"! Lis un peu les journaux!
Alors j'ai décidé d'explorer la réalité de 1999 sans complaisance, d'effectuer cet examen de réalité.
Comment se fait-il que si peu de gens soient conscients de la nature des transformations actuelles? Pourquoi n 'en parle-t-on jamais à la TV et dans les journaux? A quoi rime cette névrose globale, ces délires militaires, ces conflits et cette misère rampante? Pourquoi élisons-nous des politiciens qui, tous pays confondus, n'ont pour seul programme que la reproduction du connu et la restriction? Pourquoi répétons-nous sans cesse les mêmes comportements, radotons-nous toujours les mêmes discours, à partir des mêmes identités meurtries? Pourquoi toute cette misère matérielle, sociale et psychique, alors que les opportunités les plus folles s'offrent à nous?
En premier lieu, parce que notre atmosphère psychique est polluée.
Nous respirons le même air, le plus souvent sans nous en rendre compte, malgré le fait que c'est pour nous absolument vital. On appelle ça l'atmosphère, et on passe à autre chose.
Nous respirons tout aussi régulièrement et inconsciemment une autre sorte d'atmosphère - empoisonnée, celle-là: la conscience sociale, ou conscience collective. Jusqu'à ce que l'on en prenne conscience, chaque respiration nous emprisonne davantage dans les conditions, les convenances et les habitudes.
Cette conscience sociale est devenue gluante, poisseuse, étouffante, accablante et mortelle.
Véritable réservoir où sont accumulés des millénaires d'habitudes, de peurs et de limitations humaines, la conscience sociale est devenue un ?dépotoir à ciel ouvert?, un smog omniprésent imbibé des traumatismes de l'humanité. Quand je dis que c'est un dépotoir, je choisis mes termes, parce qu'il n'existe rien dans la conscience sociale qui ne vaille la peine d'être gardé.
Une idée s'interpose: "Mais il n'y a pas eu que des horreurs dans l'histoire! Beaucoup d'êtres ont exprimé de l'amour! Il doit bien en rester quelque chose..." Bien sûr, mais pas dans la conscience sociale, car l'amour et la peur ne peuvent pas coexister.
A l'image d'une station de radio FM, la conscience sociale occupe une fréquence particulière sur la bande radio psychique - une station terriblement familière... Pour faire un raccourci saisissant, tous les véritables ensei-gnements spirituels ont eu le même objectif: nous faire changer de fréquence, abandonner canal-peur pour nous brancher sur canal amour. Tous les êtres humains qui sont parvenus à l'éveil ont "simplement" réussi à changer de station psychique, à s'extraire de la conscience sociale, de ses filtres déformants et de ses effets narcotiques, pour déboucher sur une réalité d'amour et d'unité.
Revenons à notre dépotoir, si ça ne vous fait rien. On va prendre un moment pour faire les poubelles, pour explorer les marécages dans lesquels on patauge et bien souvent, dans lesquels on se complait. C'est par la prise de cons-cience que surgit la volonté de changer.
Comme sur une radio FM, certains thèmes, certaines musiques sont omni-présents. A la première place du hit parade depuis des milliers d'années, on trouve la mélopée "Je ne suis qu'une pauvre créature mortelle". C'est un tel succès que la plupart des expressions philosophiques, sociales et culturelles de l'humanité s'en inspirent directement. En fait, "Je ne suis qu'une pauvre créature mortelle" constitue l'axiome, le théorème premier que l'on tente de vérifier, de prouver par l'expérience - et par tous les moyens.
Si l'on observe les grands courants socioculturels humains, on découvre que cet axiome constitue toujours la fonda-tion de la société - seules les expressions changent d'un peuple à l'autre ou d'un milieu à l'autre. Avec quelques variations, chaque système renforce la condition de ses membres - de pauvres créatures mortelles. Le capitalisme est fier de dominer la Terre et les marchés, un concept auquel seules des créatures meurtries et vengeresses peuvent arriver. Le communisme est fier de mettre toutes les créatures sur un pied d'égalité à l'aide d'une pensée unique, ce qui traduit une profonde négation de l'esprit et réduit la réalité humaine à un troupeau de sacs de chair. Les religions sont fières d'avoir si bien réussi à soumettre de pauvres créatures à différentes versions d'un Dieu tyrannique (mais juste si on est gentils et obéissants...). Les philosophies spéculent sur la condition de la créature. La politique organise l'exploitation des créatures, la médecine tente de les réparer. Les syndicats défendent le droit des créatures à continuer à être des créatures, les services sociaux s'em-ploient à garantir que la créature soit bien pauvre. La culture ressasse continuellement les mêmes histoires sur la condition de créature. Les médias.... n'en parlons pas! Même les meilleures initiatives sociales et humanitaires visent à organiser (et à rendre humaine...) la vie en "captivité" de la créature - et la plupart du temps, provoquent encore plus d'emprisonnement.
Canal-peur, notre station FM favorite, diffuse 24h/24, sur toute la planète, tous les grands thèmes chers à la pauvre créature humaine. La mort, la dualité du bien et du mal, l'éloge de la pénurie et de la médiocrité, la dépendance et le mensonge bénéficient d'une publicité constante. Cette fréquence est tellement familière que nous ne l'entendons généralement plus. Elle définit le contenu de notre psyché, nos perceptions, nos croyances, elle nourrit nos corps émotionnels et mentaux, elle forge nos comportements et elle institue nos possibles. En résumé, canal-peur, c'est la fréquence pénitencière - une radio pour les prisonniers, faite par les prisonniers. Si l'on souhaite s'évader et retrouver notre liberté, il est essentiel de comprendre que premièrement, nous sommes en prison et deuxièmement, que TOUT ce que nous connaissons fait partie de cette réalité pénitencière, y-compris nos plus précieux idéaux. Le rêve est non seulement toléré, il est même encouragé - les idéalistes générant peu de conflits.
"Votre premier souci doit être de devenir conscient de la prison; alors, vous verrez que votre propre pensée essaie cons-tamment d'éviter d'entrer en conflit avec les valeurs de la prison. Cette fuite crée des idéaux qui, aussi merveilleux qu'ils soient, ne sont que des illusions. C'est l'une des ruses du mental que de s'enfuir dans l'idéal, parce que s'il ne s'enfuit pas, il doit entrer en conflit direct avec la prison, avec l'environnement. Le mental préfère s'enfuir dans l'illusion que de faire face à la souffrance qui se produira inévitablement lorsqu'il mettra en question les valeurs, la moralité et la religion de la prison. Ce qui importe donc, c'est d'entrer en conflit avec les traditions et les valeurs de la société et de la religion dans laquelle vous êtes prisonniers, et de ne pas vous enfuir intellectuellement dans un idéal. Lorsque vous commencez à remettre ces valeurs en question, alors émerge l'intelligence réelle, seule capable de résoudre les nombreux problèmes humains". Krishnamurti, Mexico, 1935
Comment se portent nos idéaux? Avons-nous tendance à vouloir "réparer" ou corriger les choses, les événements, les relations et les situations?
Pensons-nous qu'il existe un problème quelque part ou en nous-même, et qu'il peut être résolu? Avons-nous des problèmes avec les autorités, quelles qu'elles soient, qu'il s'agisse d'obéir ou de désobéir? Cultivons-nous l'idée que nous pouvons aider les autres? Pensons-nous être en mission pour sauver le monde? La dualité a-t-elle encore une emprise sur nous? La vie est-elle pour nous un combat, une lutte pour la survie, tant au niveau de notre corps qu'à celui de notre âme? Faisons-nous des compromis pour sauvegarder les apparences, pour ne pas déranger l'ordre établi - même s'il semble nous conduire droit au précipice? En bref, éprouvons-nous encore de la loyauté pour canal-peur, cette cacophonie continuelle que l'on a appris à "aimer" depuis si longtemps? Elle est tellement rassurante, cette conscience sociale, tellement familière... Et pourtant, c'est une prison pour détenus à perpétuité: tout le monde finit par y mourir.
Alors, sommes-nous à côté de la plaque, avec nos utopies de changements cosmiques - idéalistes meurtris réfugiés dans un rêve impossible? Je laisse le soin à chacun de répondre à cette question; toutefois, je souhaite fournir quelques pistes de réflexion...
Piste 1) Il faut effectivement regarder la r éalité en face. Pas comme une démission, pas comme un acte de reddition à la conscience collective, mais pour se donner les moyens d'agir dans le vrai". Pour faire des choix de vie plutôt que des choix de rêves. Aucune dose d'idéalisme ne changera notre réalité.
Piste 2) Nous sommes prisonniers d'une structure de conscience, et l'essentiel de nos efforts et réflexions s'inscrivent dans cette structure de conscience. Comme cette structure détermine nos perceptions de nous-mêmes et du monde, toute tentative d'en échapper à l'aide des "méthodes" de la structure est vouée à l'échec, un peu comme si l'on essayait de se soulever soi-même.
Piste 3) Cette structure de conscience qu'est la conscience sociale nous contraint à voir les choses de manière fragmentée. Hypnotisés par les appa-rences, nous passons notre temps à lutter dans le superficiel et passons à côté du vrai "combat" - vaincre l'illusion, découvrir une définition de soi-même qui vienne du plus profond de soi-même et refuser de se laisser définir par les circonstances, aussi vastes et lumi-neuses qu'elles soient.
Piste 4) Canal-peur n'est qu'une station radio locale. Hors de la bande 66.6FM, il y a une infinité d'autres fréquences beaucoup plus saines.
A ce propos, il se passe aujourd'hui des trucs bizarres.
De plus en plus de gens sont inquiets, anxieux, et sentent qu'il se passe quelque chose, sans pouvoir l'expliquer. C'est comme si l'atmosphère changeait, comme si un nouvel air s'infiltrait et leur faisait sentir par contraste combien l'autre est vicié. Comme si une nouvelle présence, encore invisible mais vibrant d'une extraordinaire qualité, venait perturber leur ressenti ouateux de la "réalité" et par conséquent, bouleverser le train-train de leurs habitudes.
Il y a de la "friture" sur la ligne de canal-peur. Apparamment, un nouvel émetteur - canal-amour - a débarqué sur la planète, et il émet à pleine puissance. Il empiète sur notre radio favorite, envahit la bande de canal peur, et on reçoit les deux émissions à la fois.
Bien sur, ça nous énerve, on était en plein dans cette émission tellement captivante... En plus de tout, il s'agit de canal-amour, ce qui nous fout une trouille du diable... Nous sommes en train de perdre nos repères familiers. Alors on essaie par tous les moyens de retrouver la fréquence, on tourne l'antenne, on essaie les réglages fins, mais rien y fait, notre station chérie est parasitée.
Graduellement, on perd le signal de canal-peur.
NOUVELLES D'ICI ET D'AILLEURS
Dans Nature et Biotechnologie d'octobre 98, on apprend que certains micro-organismes seraient capables de digérer les déchets radioactifs... La bactérie Deinococcus radiodurans possède la curieuse propriété d'être capable de traiter toutes sortes de radiations. Elle est capable de grandir et de se reproduire dans un environnement radioactif, et semble être le nettoyant idéal pour les centrales nucléaires et autres dépôts de déchets radioactifs.
Au cours de millions d'années d'évolution, cette bactérie a appris à dupliquer son code génétique et astucieusement, elle peut ainsi stocker jusqu'à dix copies de son ADN/ARN. Si l'une d'elles est détruite par une forte radiation, elle peut être remplacée immédiatement.
Elle fait actuellement l'objet de recherches menées par Michael Daly et ses associés de l'Université de Maryland et du Minessota. M. Daly et son équipe espèrent que cette bactérie sera bientôt capable d'avaler et d'oxyder du Toluene et du Trichloroethylene radioactifs. La bactérie pourrait alors phagociter des produits radioactifs toxiques comme l'uranium, et les digérer avant qu'ils ne pénètrent dans les sols sur lesquels ils sont entreposés et qu'ils risquent de polluer à jamais.
| Publisher: Alain-Yan Mohr - Edited sometimes regularly. CP 106, Dardel, 1997 Haute-Nendaz - Suisse Tel : 41-27- 288 77 01, Email: This e-mail address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it |
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